Livre numérique Adieu

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Détails

Contributeur : Honoré (de) Balzac (Auteur)
Publication : 30/08/2008
Langue : Français
Pages : 82
Éditeur : publie.net
Collection : Nos Classiques
ISBN : 978-2-8145-0053-2

Description

Adieu est définitivement des quelques textes les plus importants, les plus mystérieux et audacieux aussi, de Balzac.

En soi tout d’abord : la folie, la guerre, la mémoire, être perdu, ne pas savoir qui on est. Mais parce qu’on le lit aujourd’hui : la tentative désespérée de reconstruire le réel, toute une Bérésina dans les collines entourant Paris, comme si cela pouvait aboutir à autre chose qu’un échec. Et tout cela non pas dans le format roman, mais dans le rythme ternaire d’une histoire serrée...

Comme La Grande Bretèche, il s’agit d’un texte bien amont de la future Comédie Humaine, et même en amont du véritable élan romanesque à partir de La Peau de chagrin.

Peut-être un des textes les plus importants de Balzac, parce qu’il part d’un lieu inventé, sans géographie (on est perdu dans la forêt, on découvre une maison abandonnée, fermée par des grilles, où même le langage avec celles qui l’habitent est perdu), il part de la folie, et c’est par elle, la folie, qu’il retrouve les grandes secousses de l’histoire, inaccessibles au récit : c’est Tolstoï, plus tard, et de l’autre côté de la guerre, qui se chargera de faire entrer la Bérésina en littérature.

Mais Balzac, dans un tour de force incroyable, se saisit alors du réel lui-même, sa géographie, et le temps réel de l’histoire : trois champs, une forêt et une colline tout près de Paris, et en fait une scénographie pour film à grand spectacle. On détourne le réel pour en faire l’hallucination du réel enfui, le réel inaccessible du souvenir.

Et, bien sûr, si la folie surgira alors nue et sera brûlée, mort s’ensuit. Ce réel-là ne peut exister que dans et par la littérature.

Je prétends donc qu’ici, dans les 50 pages de cette nouvelle fantastique de 1830, discrètement publiée par un inconnu, se joue l’accès de Balzac à son propre rapport au réel : de quoi désamorcer tous ces poncifs sur le réalisme dont on a voulu l’assommer depuis.

Ajoutons que, pour tenter cette expérience initiatique, il la situe dans un territoire pour lui parfaitement symbolique : c’est dans cette forêt de L’Ile-Adam, quelques années plus tôt, à 22 ou 23 ans, qu’un ami de son père lui avait concédé un cabanon au bout de son parc, et qu’Honoré Balssa pour la première fois avait tenté l’isolement pour écrire, ne plus rien qu’écrire.

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